Jean-Paul Sartre, l'Oeuvre d'une Existence

Blog entièrement consacré à un des grands de ce monde, Jean-Paul Sartre, le pionnier du mouvement existentialiste, mort en 1980, 6 ans avant sa féministe préférée, la talentueuse Simone de Beauvoir.

13 janvier 2008

Biographie, bibliographie et vidéos de Simone de Beauvoir

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De son vrai nom Jeanne Marie Bertrand de Beauvoir, elle est née le 9 janvier 1908 à Paris et morte le 14 avril 1986 à Paris. Elle est considérée comme le précurseur du mouvement féministe français. Son œuvre fut grandement influencée, et illustrée par sa relation anticonformiste avec le philosophe Jean-Paul Sartre. Reconnue dans le monde entier grâce à son essai féministe intitulé le Deuxième sexe, sa relation amoureuse et particulièrement marginale pour l’époque avec Jean-Paul Sartre lui confère un statut particulier de femme indépendante et totalement libérée.

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Le rejet d’un enseignement religieux :
Simone Ernestine Marie Bertrand de Beauvoir vient au monde le 9 janvier 1908, au sein d’une famille catholique relativement aisée. Aînée d’une famille de deux enfants, elle reçoit une éducation maternelle sévère et traditionnelle. Enfant, elle étudie à l’Institut Désir, une école catholique. Elle rejette très tôt ces enseignements en se déclarant totalement athée.
Elle se découvre alors une profonde passion pour la lecture et l’écriture. Dès 1926, elle s’inscrit à des cours de philosophie dispensés à la Sorbonne. Elle obtiendra l’agrégation trois ans plus tard avec un résultat plus que satisfaisant. Elle enseignera sa discipline à Marseille, puis à Rouen et à Paris. Toutefois, non comblée par cette profession, elle l’abandonne en 1943 pour suivre une carrière littéraire. Son premier roman, l’Invitée, met en scène des rapports amoureux embrasés par le sentiment de jalousie, au sein d’une relation tripartite.

L'enseignante :
Dès l'agrégation en 1929, Simone, ou plutôt Castor — surnom repris par Sartre car « Beauvoir » est proche de l'anglais beaver (signifiant castor) — devient professeur de philosophie. Elle se trouve mutée à Marseille. La perspective de quitter Sartre, lui-même muté au Havre, la jette dans l'angoisse et ce dernier lui propose de l'épouser afin d'obtenir un poste dans le même lycée. Bien que viscéralement attachée à Sartre, elle rejette la proposition avec horreur. On pense à tort qu'elle a refusé parce que le mariage représente pour elle une tradition bourgeoise et avilissante pour les femmes. Elle explique dans L'âge de raison qu'elle sentait que la proposition de Sartre avait été faite avant tout pour la satisfaire, quelque peu à contre-coeur. L'année suivante, elle parvient à se rapprocher de Sartre en obtenant un poste à Rouen où elle fait la connaissance de Colette Audry, enseignante dans le même lycée. Elle devient très proche de certaines élèves, notamment Olga Kosakiewitcz et Bianca Lamblin avec qui elle entretient des relations homosexuelles, le « pacte » la liant à Sartre lui permettant de connaître des « amours contingentes ». Elle se lie également avec un élève de Sartre, « le petit Bost », futur mari d'Olga, qui devient entre-temps la maîtresse de Sartre. Ce groupe d'amis surnommé « la petite famille » reste indéfectible jusqu'à la mort de chacun d'entre eux, malgré de petites brouilles et de graves conflits.
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, le couple Sartre-Beauvoir est muté à Paris. Beauvoir voit son premier roman Primauté du spirituel, écrit entre 1935 et 1937, refusé par Gallimard et Grasset (il paraîtra en 1979 sous le titre Quand prime le spirituel puis Anne ou quand prime le spirituel). L'invitée est publié en 1943, elle y décrit, à travers des personnages imaginaires, sa relation entre Sartre, Olga et elle-même. Le succès est immédiat. Suspendue en juin 1943 de l'Education Nationale à la suite d'une plainte pour "excitation de mineure à la débauche" déposée en décembre 1941 par la mère de Nathalie Sorokine, elle sera réintégrée à la Libération. Elle travaille pour la radio ("Radio-Vichy") où elle organise des émissions consacrées à la musique à travers les époques. Peu avant de mourir, son père Georges de Beauvoir dit à un de ses amis en parlant de sa fille : « Elle fait la noce à Paris », marquant ainsi son dégoût pour la vie de Simone.

Un écrivain particulièrement engagé :
Les idées qui fleurissent dans l’esprit de Simone de Beauvoir sont marquées très tôt par un fort engagement politique. Dès 1926, elle intègre un mouvement socialiste. En 1945, Jean-Paul Sartre crée les Temps modernes, une revue de gauche dans laquelle elle écrira de nombreux articles. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, ses engagements politiques redoubleront d’intensité.
Elle fait preuve également d’un engagement très prononcé envers la condition féminine. En 1949, elle publie un essai intitulé le Deuxième sexe. Dans des considérations toujours proches de l’existentialisme, elle prône la libération et l’émancipation de la femme dans la société. À travers une étude historique, scientifique, sociologique et littéraire, elle tente de démontrer à quel point la femme est aliénée par l’homme. L’unique moyen de s’y soustraire serait alors d’acquérir une indépendance totale. Cet ouvrage scandalise la haute société mais sera soutenu par Lévi-Strauss et deviendra le socle des premiers mouvements féministes.

Une culture du voyage :
Dès 1947, Simone de Beauvoir se lance à la découverte du monde. Elle se rend tout d’abord aux Etats-Unis, où elle rencontrera son amant Nelson Algren, puis parcourt l’Afrique et l’Europe. En 1955, elle débarque en Chine. Elle découvre Cuba et le Brésil au début des années 1960, puis séjourne en URSS. Ses différents périples à l’étranger lui permettent d’enrichir ses ouvrages, qu’elle ne néglige à aucun moment.
En 1954, son roman les Mandarins remporte le prix Goncourt. Elle abandonne toutefois le genre romanesque pour se consacrer aux essais et aux ouvrages autobiographiques. En 1958 paraît Mémoires d’une jeune fille rangée, suivi de la Force de l’âge et de la Force des choses. À travers cette fresque autobiographique, elle propose un exemple d’émancipation féminine et poursuit son étude sur le comportement et la responsabilité des hommes au sein de la société.

Une perte qui la tue à petit feu :
En 1980, après le décès de Jean-Paul Sartre, Beauvoir publie La Cérémonie des adieux où elle décrit les dix dernières années de son compagnon avec des détails médicaux et intimes si crus qu'elle choque bon nombre des disciples du philosophe. Elle est, en effet, particulièrement affectée par cette perte, qu’elle considère avec fatalisme. Elle avoua à mi-mot combien l'attitude de la fille adoptive de Sartre, Arlette Elkaïm-Sartre avait été détestable à son égard. Elle conclut avec cette phrase : « Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. C'est ainsi ; il est déjà beau que nos vies aient pu si longtemps s'accorder ». L'âge venant, après une vie d'excès en alcool et tabac, elle s'éteint en 1986 à 78 ans à Paris, entourée de sa fille adoptive, Sylvie Le Bon-de Beauvoir et de Claude Lanzmann. Ses funérailles furent aussi grandioses que celles de Sartre, et suivies par des femmes du monde entier. Elle est enterrée au cimetière du Montparnasse à Paris, aux côtés de Jean-Paul Sartre. Simone de Beauvoir est enterrée avec l'anneau de Nelson Algren à son doigt.

Théories :
Ardente avocate de l’existentialisme théorisé par son compagnon Jean-Paul Sartre, elle soulève des questionnements afin de trouver un sens à la vie dans l’absurdité d’un monde dans lequel nous n’avons pas choisi de naître. Associée à celle de Sartre, son œuvre s’en différencie dans la mesure où elle aborde le caractère concret des problèmes, préférant une réflexion directe et ininterrompue sur le vécu.
Dans Le Deuxième Sexe, elle affirme : « On ne naît pas femme, on le devient » (repris du concept proposé par Tertullien) : c'est la construction des individualités qui impose des rôles différents, genrés, aux personnes des deux sexes. Son livre souleva un véritable tollé et son auteur fut parfois calomniée. Rares furent ceux qui lui apportèrent du soutien. Elle reçut cependant celui de Claude Lévi-Strauss qui lui dit que du point de vue de l'anthropologie, son ouvrage était pleinement acceptable. De grands écrivains comme François Mauriac ne comprirent pas le sens polémique de son écriture précise et clinique, et furent du nombre de ses détracteurs.

Citations :
« S'il n'y a plus aujourd'hui de féminité, c'est qu'il n'y en a jamais eu. », Le Deuxième Sexe (introduction)
« On ne naît pas femme : on le devient... C'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin. »
« La femme n’est victime d’aucune mystérieuse fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux. »
« Les femmes d’aujourd’hui sont en train de détrôner le mythe de la féminité ; elles commencent à affirmer concrètement leur indépendance ; mais ce n’est pas sans peine qu’elles réussissent à vivre intégralement de leur condition d’être humain. », Le Deuxième Sexe (Formation, Introduction)
« C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c’est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète. »
« Si l’on dit que les hommes oppriment les femmes, le mari s’indigne, mais le fait est que c’est le code masculin, c’est la société élaborée par les mâles et dans leur intérêt qui a défini la condition féminine sous une forme qui est à présent pour les deux sexes une source de tourments. »
« Certains mâles redoutent la concurrence féminine. »
« Certains mâles sont scandalisés que les charges de la féminité soient allégées. »
« Il est nécessaire que, par-delà leurs différenciations naturelles, hommes et femmes, affirment sans équivoque leur fraternité. »
« En soi l'homosexualité est aussi limitante que l'hétérosexualité : l'idéal devrait être de pouvoir aussi bien aimer une femme qu'un homme, n'importe un être humain, sans éprouver ni peur, ni contrainte, ni obligation. »
« Pétrir la terre, creuser un trou ce sont des activités aussi originelles que l'étreinte, que le coït : on se trompe en y voyant seulement des symboles sexuels ; le trou, le visqueux, l'entaille, la dureté, l'intégrité sont des réalités premières. », Le Deuxième Sexe, le point de vue psychanalytique
« si on a échoué à saisir dans une expérience vécue l'unité ambigüe de l'existence, on ne parviendra jamais à la reconstruire intellectuellement. Par définition une représentation ne saurait coïncider ni avec l'intimité de la conscience ni avec l'opacité de la chair ; encore moins peut-elle les réconcilier ; une fois dissociés ces deux moments de la réalité humaine s'opposent et dès qu'on poursuit l'un, l'autre se dérobe. », Faut-il brûler Sade ?


Oeuvres :

>Romans :
L'Invitée (1943).
Le Sang des autres (1945).
Tous les hommes sont mortels (1946).
Les Mandarins (1954), prix Goncourt.
Les Belles Images (1966)
La Femme rompue (1968).
Quand prime le spirituel (1979).

>Essais
Pyrrhus et Cinéas (1944)
L'Existentialisme et la Sagesse des nations (1945)
Pour une morale de l'ambiguïté (1947)
Le Deuxième Sexe (1949)
Privilèges (1955)
La Longue Marche (1957)
La Vieillesse (1970)
Faut-il brûler Sade? (1972)

>Mémoires
L'Amérique au jour le jour (1948)
Mémoires d'une jeune fille rangée (1958)
La Force de l'âge (1960)
La Force des choses (1963)
Une mort très douce (1964)
Tout compte fait (1972)
La Cérémonie des adieux (1981)
Journal de guerre (1990)
Lettres à Sartre, Tome I et II (1990)
Lettres à Nelson Algreen (1997)
Correspondance croisée. 1937-1940 (2004)
Cahiers de jeunesse (2008)

>Théâtre
Les Bouches inutiles (1945)

Vidéos sur Simone de Beauvoir :

Lien 1 : http://www.youtube.com/watch?v=rE4-P1bxtoI.
Lien 2 :
http://www.youtube.com/watch?v=NWKAD34hOEU.
Lien 3 :
http://www.dailymotion.com/video/x41ays_elisabethdadintersimonedebeauvoirma_politics


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Relation Beauvoir-Sartre

Les deux célèbres figures du XXè siècle Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre ont partagé leurs vies et leurs idées. Ils se sont rencontrés à la Sorbonne durant leur préparation à l'agrégation de philosophie. Cette année là, Sartre sortait premier et de Beauvoir seconde... Ce qui réunissait ces deux écrivains hors du commun, c'étaient leurs idées philosophiques. Mais ce qui les séparait, c'était le fait que Sartre n'était pas réellement amoureux de Beauvoir.

En Effet, Simone de Beauvoir est non seulement connue pour ses idées engagées et ses livres mais aussi pour avoir été l'amante puis « l'amie » du philosophe de l'existentialisme jusqu'à sa mort. Simone de Beauvoir fonda au lendemain de la guerre le journal Les Temps Modernes. Existentialistes donc, athéistes, communistes, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir purent y développer leurs idées, invitant d'autres penseurs de gauche comme Raymond Aron ou Maurice Merleau-Ponty à les rejoindre. Le couple voyagea dans le monde entier, notamment dans les pays communistes, rencontrant les chefs d'État du moment, Mao Tsé-Toung en Chine ou Fidel Castro à Cuba. Aventureux dans leurs idées, Sartre et Beauvoir étaient tout aussi iconoclastes dans leur vie privée. « Les amants du Flore », en référence au café parisien éponyme du boulevard Saint-Germain, immortalisés à l'écran en 2005 dans un téléfilm d'Ilan Duran Cohen, rend compte de la relation passionnée et différente entre Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre joués respectivement par Anna Mouglalis et Lorant Deutsch. Le pacte amoureux unissant ces deux êtres hors du commun, qui ne furent jamais mariés, leur permettait d'avoir des relations hors du couple. Dans son roman L'Invitée (1943) largement autobiographique, Simone de Beauvoir raconte les péripéties d'un ménage à trois, que Sartre et Beauvoir ont vécu avec Olga Kosakiewitcz. La vie de Simone sera ponctuée de relations homosexuelles, mais elle vivra aussi une passion avec un autre homme, l'écrivain américain Nelson Algren.

Posté par lefter à 19:25 - 3) Sartre et Simone de Beauvoir - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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